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L’expérience : quel usage des XP / pex / points d’expérience ?

Comment récompenser ?

C’est une question essentielle que se pose tout MJ, que ce soit avant de lancer une partie ou à l’issue d’un scénario. Cette question s’inscrit plus généralement dans la dynamique que prendra une série de scénario, voire d’une campagne : comment les personnages évolueront-ils ?

 

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Il y a deux grands courants qui se sont longtemps partagé les faveurs des joueurs : la récompense en fin de scénario et la récompense en cours de jeu.

 

Le premier se contente de donner des points d’expérience à l’issue d’une aventure, sous réserve que les joueurs aient rempli ou non leurs objectifs – ou tué leur lot de PNJ pour les adeptes de D&D.

Dans ce cas, la distribution de l’expérience est profondément décorrélé du contexte dans lequel elle a été obtenue : un barbare ayant passé un scénario à massacrer des gobelins pourra, sans aucune raison roleplay, mettre des points de compétence en littérature et philologie draconique avancée.

 

Le deuxième méthode récompense les joueurs qui agissent. On peut citer par exemple Bloodlust qui à chaque action, offre une chance de gagner de l’expérience. Ou encore Chtulhu, qui permet de cocher les compétences utilisées et les fait progresser en fin de scénario.

D’un point de vue gamedesign, les joueurs de Bloodlust vont frénétiquement multiplier les actions dispensables là où les joueurs de Chtulhu tenteront de varier au maximum le spectre de leurs actions afin de tout faire évoluer.

 

D’où la question : n’y a-t-il pas un juste milieu entre ces deux alternatives ?

De plus en plus de jeux proposent des récompenses en cours de partie, à l’image d’Oltrée! qui le fait d’une part de manière structurelle, avec l’usage de cartes distribuées aléatoirement et dont certaines offrent des bonus définitifs, et d’autre part avec le concept de ressources et de points de trésors.

Le concept est intéressant mais, là encore, reste très mécanique et dépendant de facteurs aléatoires.

 

J’ai toujours trouvé difficile à comprendre le fait que, dans un jeu de rôle, un personnage qui passe 3 jours à lire un manuel de crochetage et qui prend le temps de s’entraîner ne puisse pas obtenir cette compétence.

 

Pourquoi l’expérience doit-elle être systématiquement quantifiable et passer par un principe de points ?

On peut d’emblée supposer que cela répond avant tout à la satisfaction de voir les points s’accumuler et de pouvoir tracer la progression de son personnage – intrinsèque et vis à vis du groupe.

La fascination des tableaux de bord est particulièrement à la mode ces jours-ci, entre les likes Facebook et les indicateurs des free to plays que l’on se plaît à faire évoluer (notamment les RPG, jeux de stratégie, etc. en freemium), l’évolution des ressources et caractéristiques est un levier d’addiction plutôt répandu.

 

Pour autant, cette quête du point d’expérience ne doit pas occulter sa raison d’être : manifester l’évolution des personnages et refléter leur apprentissage, ce qui les incarne dans l’aventure qu’ils vivent.

Dans l’idéal, les points d’expérience permettent principalement :

  • De perfectionner les aspects que le personnage mobilise lors de l’aventure
  • De développer des aptitudes pour lesquels il s’entraîne

 

Par ailleurs, suivant le système et le volume d’expérience accordé, ce type de récompense peut avoir un énorme impact sur la dynamique d’une campagne.

À quelle vitesse les personnages évoluent-ils ? Quels palliers peuvent-ils espérer atteindre ?

 

Entre un personnage nouvellement créé et un vieux briscard, c’est l’expérience qui fait la différence.

Or, un système récompensant de manière significative les personnages creusera l’écart entre ces deux extrêmes : D&D en est le parfait exemple, puisqu’un personnage niveau 1 est à un monde de distance d’un personnage niveau 5. Et il existe des niveaux épiques…

 

Or, un vieux briscard doit-il toujours devenir compétent ? Quid du joueur décidant de jouer un looser ? Ou du joueur souhaitant jouer une brute épaisse, dès la création ?

 

L’objet de cet article n’est pas de trouver des solutions à cela, je m’y attèlerai dans un futur article, mais de soulever des questions et susciter une réflexion sur le sujet.

 

N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez échanger sur ce thème et apporter votre point de vue !

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